Les astuces de Gumtheboard

J'ai été ingé-son pendant pas mal d'années, alors voici quelques petites astuces que j'ai vécu...

Bien répéter

Une bonne répétition, ça devrait être comme un restaurant dans lequel on mange bien, copieux et pas cher. Ne pas confondre répèt' et bœuf. Le bœuf, c'est bien, y'a des potes qu'écoutent, y'a des copines qui matent, on se régale, mais le groupe, lui, ne progresse pas.
Une vrai répèt', c'est un véritable travail. Le groupe est seul, il a des objectifs, chacun a éventuellement bossé sa partie seul à la maison, mais chaque musicien doit se sentir concerné par les lacunes des autres : il faut s'entraider pour faire avancer la machine. Si un passage musical ne va pas, il faut le travailler et surtout ne pas dire " on verra ça la semaine prochaine ".

Le zicos qui dit ça, VIREZ-LE, car de toute façon, dans 6 mois il aura vendu sa gratte, ce con, pour aller s'acheter des billes ! Je parle en connaissance de cause, ayant déjà pratiqué ce genre de loustic depuis plus de 35 ans que je traîne mes pompes entres les consoles, les basses, les guitares, les batteries et les claviers.
Quand vous le virez, pensez à récupérer le jack, le médiator, le jeu de cordes neuves et les partoches que vous lui avez prêté, et surtout, les clefs du local pour plus qu'il vienne vous les briser...


Acouphènes

Ne vous est-il jamais arrivé de sortir de répétition, de scène ou d'un concert avec les oreilles qui sifflent ou qui bourdonnent ?
Et bien oui !.. Vous avez des acouphènes et le moindre petit bruit devient une agression.
Ce sont les risques du métier, me direz vous, et il n'y a rien d'étonnant à ce que des professionnels de la musique, exposés continuellement au bruit, perdent de l'audition. Certes, mais vous devez savoir qu'il n'est pas nécessaire d'être exposé des années au bruit pour perdre de ses capacités auditives.
Ça se soigne ?
Non, ça ne se soigne pas. Ces problèmes sont dus à la destruction de cellules dans l'oreille et cette destruction est irréversible. Alors que faire ? Il faut se protéger !

Prévoyez d'avoir toujours sur vous une paire de bouchons anti-bruit en mousse lorsque vous vous rendez à une répèt' ou à un concert. Et si vous sentez que le son est trop fort, n'hésitez pas à les mettre, même si vous devez passer pour un con. Une paires de ce type de bouchons coûte 2 Euros en pharmacie. C'est pas cher, c'est réutilisable à loisir et ça vous permettra d'éviter bien des désagréments par la suite. Le grand luxe, c'est d'acheter des bouchons à ailettes qui eux, laissent passer toutes les fréquences mais avec 12 à 24 dB d'atténuation.
N'oubliez pas de les retirer quand vous vous couchez, si vous voulez entendre le réveil le lendemain matin !


Boite de Direct

La boite de direct appelée plus couramment DI ( direct injection ) est utilisée pour abaisser l'impédance d'un instrument avant d'entrer dans une console de mixage (ou un autre appareil). Au passage, le signal sera symétrisé afin de parcourir une plus longue distance sans bruit parasite.
Les instruments ont en général des impédances de sortie trop élevées pour attaquer les entrées d'une console de mixage.
La règle de base, c'est de sortir en basse impédance pour rentrer en haute impédance.
Dans beaucoup de groupes, la boite de direct est inexistante, pourtant, l'ajout d'une telle boite entre les instruments et la table de mixage rajoute plus d'attaque et de définition dans les basses.

On la branche comment ?
C'est une boite toute bête, avec une entrée jack et une sortie XLR. L'alimentation fantôme de la voie d'entrée de la console peut être activée afin d'alimenter la boite de direct. On pourra alors parcourir une distance plus longue avec un signal non dégradé à l'arrivée (c'est le cas dans tous les concerts). Certaines boites ont un atténuateur d'entrée pour mieux s'adapter à la puissance fournie par l'instrument (entre un synthé et une gratte, y'a pas photo).

C'est vraiment utile ?
Que ce soit sur scène, en studio, ou en répète, vous sentirez la différence si vos instruments sont repris par la table de mixage via une DI. Les premiers prix tournent à 36 euros (en cherchant bien sur un site allemand) et ça vaut pas le coup de s'en passer, vous aurez enfin LE SON des pros !


Mixage placebo

Petit rappel : Le placebo est une substance inactive déguisée en médicament...
Ça y est, la balance est terminée, l'égalisation est nickel, vous avez droit à votre pause bière bien méritée.
Juste avant de mettre les groupes et le master à zéro, vous entendez dans la sono cette voix familière mais tellement crispante qui vous dit : " Elle est pas bonne là ma voix, tu peux pas arranger ça ? ".
C'est peut être bien le gugus que vous avez pas encore viré, lors de la dernière répèt', souvenez-vous... Il est évident que le son du micro dans lequel il braille est parfait en façade, mais ce con ne s'en rend pas compte.
C'est toujours les plus nuls qui incriminent le matos, sachez-le. Plutôt que de l'envoyer goûter les pratiques de la Grèce antique, ce qui serait fâcheux à 1 heure du concert, vous lui dites " ok, parles dans le micro, on va arranger ça ".

Chopez le potard des aiguës, et tournez le à fond sur la gauche. Le son devient tout d'un coup bien crade. Pendant que votre futur ex-pote raconte ses conneries au micro, vous remonter le potard très doucement, tout en lui criant " tu me dis quand c'est mieux ". La grande magie s'effectue, et il va trouver le son bien meilleur maintenant, alors qu'en fait vous êtes tout simplement revenu à la position initiale.
Le métier d'ingé-son est ingrat, car lorsque le son est bon, on ne vous dit rien, mais quand il est dégueulasse, alors là, on vous arrache le foie ( tant pis pour eux, ils auront les doigts plein de bière...)


Maîtrise du larsen

Le larsen, c'est la mise à mort des enceintes, des micros, et des oreilles du public. C'est un phénomène sonore provoqué par un micro qui se trouve dans le champs d'un haut-parleur. Ça engendre une boucle dans le circuit micro-ampli-haut-parleur et ça se met à gueuler ! Sachez que c'est un physicien danois Soren Absalon Larsen (1871-1957) qui a mis en valeur ce phénomène.
Il existe bien des boites magiques pour supprimer ce désagrément, mais elles sont chères et relativement délicates à programmer. Reste donc le système D ( D comme Depuis que je lis cette rubrique, j'ai progressé en son... ).

Après avoir fini votre balance, réglez la puissance de votre ampli pour être juste en dessous du seuil de déclenchement du larsen. Comme tout bon sonorisateur, vous avez un égaliseur entre la console et l'ampli. Essayer par tâtonnement de monter une à une les fréquences sur le fameux égaliseur. Vous allez alors trouver la fréquence qui fait démarrer le larsen. Et bien c'est cette fréquence qu'il faut à présent diminuer d'au moins 3 dB. Allez, on remonte à nouveau la puissance de l'ampli jusqu'au prochain seuil. Encore, une fois, on cherche la fréquence néfaste... et ainsi de suite.
Vérifier qu'en salle, le son ne soit pas trop dégradé par les trous creusés dans le spectre total.


Mémoire de mixage

Vous êtes aux commandes de la 24 voies du groupe.
Soudain, c'est la grosse envie de pisser ! Comme par hasard, y'a toujours un copain à côté de vous qui rêve de vous remplacer, et là, il saute bien sûr sur l'occasion : il prend votre place, le temps pour vous d'aller vider votre vessie...
Au retour, c'est la galère : ce gros con a touché tous les faders , la balance n'est plus la même et le mix n'a plus le même équilibre.
Comment se démerder pour retrouver tous vos réglages le plus vite possible...

Mixez tous vos instruments avec le trimmer (ou sensibilité ou gain) en haut de chaque voie, en ayant pris soin de mettre tous vos faders alignés dans la même position ( zéro sur une table pro, 7 sur une table amateur). Le blaireau qui va toucher votre table ne sait même pas que les potards du haut existent et vous, vous pouvez aller faire un tour (rapide quand même). Au retour, c'est classique, les faders ont bougé. Pas d'angoisse, vous réalignez tout. Et Hop, revoilà votre balance d'origine.
Essayez toujours d'aller pisser avant de vous installer derrière une console.


Gestion de la réverb

Vous avez décidé de rajouter une réverb à votre console. N'oubliez pas que cet effet ne se met pas à la fin de la chaîne de mixage, mais ça, vous le savez déjà.
Il faut commencer par attribuer un auxiliaire POST-FADER à la réverb. Le post-fader c'est après le fader dans l'acheminement du signal, ce qui permet de ne rien envoyer sur l'auxiliaire si le fader est en bas (logique non ?). On ouvrira plus ou moins cet auxiliaire sur chaque tranche en fonction du niveau de réverb qu'on veut attribuer à l'instrument (de la tranche).
Si on suit la chaîne, on sort en SEND AUX et on attaque la réverb. Surveillez le réglage de sortie de la boiboite : on ne sort pas en mix (mélange du signal initial et de la réverb) mais en dry (réverb uniquement). On continue, en revenant dans la table.

Ne rentrez pas en AUX RETURN mais tout simplement sur une voie. Bien sûr, si votre table de mix n'a que 4 ou 8  voies, vous aurez une tranche de moins disponible pour les instruments... Le fait de rentrer sur une voie vous permet de doser plus délicatement le son de retour de réverb et de le corriger.
ATTENTION : l'auxiliaire réverb de la voie de retour réverb doit impérativement être à zéro, sinon, bonjour le feedback (c'est ce que l'on appelle le N-1 en sonorisation télé).
Une dernière chose : la réverb, c'est comme l'alcool... Faut pas en abuser.


Reverb sur une voix

Compression + réverbération, quel luxe ! Puisque nous avons abordé la réverbération dans un sujet précédent, nous allons l'appliquer sur la voix, seulement voilà, elle se fond avec les instruments à qui on a mis aussi de la réverb.

Retardez la réverb de la voix avec un delay (décalage) d'une centaine de millisecondes. La clarté de la voix sera renforcée dans le mix global.
Une dernière chose : Ne confondez pas delay et écho.


Correction d'une voix

L'enregistrement d'une voix, c'est souvent la cata ! Tout est dans l'égalisation. La micro-démo qui suit s'adresse à des égaliseurs semi-paramétriques ou paramétriques (égaliseurs ou l'on peut choisir sa fréquence, raffinement suprême par rapport aux simples boutons graves et aigus appelés "shelving" ou "baxendall"). On commence donc par une égalisation bestiale de la voix.

Une bosse (augmentation de la fréquence) à 200 Hz pour la chaleur, un creux (diminution de la fréquence) entre 1 et 2 kHz (suivant les voix) pour ôter les harmoniques nasillardes, et cerise sur le gâteau, une bosse vers les 5 / 6 kHz pour la clarté et la brillance. Ça y est, votre voix a une meilleure gueule. Par la suite, vous pourrez améliorer le timbre de la voix en titillant vos égaliseurs, et là, c'est votre oreille qui vous guidera.
Trop d'égalisation chasse le naturel alors allez-y mollo...


Compresser une voix

Rien de pire qu'un vu-mètre qui se crash dans le rouge et des bandes qui saturent. Contre ça, une seul remède, le compresseur.
Avant de rentrer votre micro dans la console, faites le transiter par un compresseur et tout le monde sera gagnant : le chanteur ne se fera plus peur, le public conservera ses tympans et vous derrière votre table, vous serez au club med.

Mettez un petit égaliseur avant le compresseur et retirez 3 à 6 dB entre 500 et 1000 Hz. Vous éviterez les effet de pompage du compresseur. Sur la table, rajoutez des aiguës (entre 5 et 10 kHz) car le compresseur en a bouffé ! La compression peut dénaturer une voix, alors là aussi, mollo mollo comme la bibine !


Rendement et Sensibilité

C'est quoi au juste ?
Le rendement et la sensibilité sont des mesures qui caractérisent les performances d’une enceinte. Ces deux mesures sont exprimées en décibel.
La sensibilité d'une enceinte, c'est le nombre de décibels qu'elle émet à 1 mètre de distance quand on l’alimente avec 1 watt.
Le rendement (ou SPL) d'une enceinte c'est le nombre de décibels qu'elle émet à 1 mètre de distance mais cette fois avec une alimentation optimale (continu) ou en crête (peak). Cette manipulation est assez délicate car si un haut-parleur peut encaisser 4 fois sa puissance nominale et donc avoir un rendement en crête extrêmement élevé, il risque d’être bien fatigué au bout d’une poignée de secondes !

Pour un H.P. de 12 ou 15 pouces, un rendement de 97 à 99 dB est une bonne valeur.
Un moteur d’aigus devrait avoir 104 à 107 dB.
Une enceinte de sonorisation digne de ce nom devrait se trouver entre 97 et 100 dB de rendement.
Les enceintes pros atteignent souvent plus de 103 dB.
Un caisson sub sera efficace avec une valeur de 103 à 106 dB.

En résumé, plus le rendement d'une enceinte sera faible, et plus l'ampli devra être puissant.
Le rendement n'est pas synonyme de qualité. Il indique simplement sa capacité à produire un niveau acoustique.